On me demande souvent comment j'utilise vraiment l'app que j'ai construite ; voici donc un petit compte rendu de terrain à propos des trois types de bateaux que je navigue — un tout petit dériveur, un quillard de sortie à la journée, et parfois un voilier de location. Des bateaux différents, des agencements différents, et le même iPhone sous Sailing Companion. Ce que j'ai appris à la dure, c'est que le bateau n'a pas besoin de grand-chose pour que l'app soit utile. Il lui faut surtout un endroit où poser le téléphone et une batterie chargée.
1. Le dériveur — téléphone fixé au mât
Mon petit bateau n'a aucune électronique : pas de traceur, pas d'instruments, pas de sondeur, pas de quai avec courant. Il n'y a pas non plus de surface horizontale évidente pour poser un téléphone. L'astuce qui marche le mieux est un petit support type guidon fixé au mât, juste sous les barres de flèche, où le téléphone tient à la verticale et reste visible depuis la barre. De là, je jette un œil et je vois SOG, COG, la distance parcourue et le temps écoulé. La trace s'enregistre pour toute la sortie sans que je touche jamais le téléphone, et c'est tout l'intérêt — je navigue, je ne regarde pas un écran.
2. Le quillard de jour — téléphone sur la ferrure près de la descente
Le bateau de sortie à la journée que je navigue la plupart des week-ends est un peu mieux équipé, mais à peine. Toujours pas de traceur ni d'autres instruments, et le cockpit est petit. L'endroit naturel pour le téléphone s'est révélé être un simple support à pince à ressort sur la ferrure métallique juste à l'intérieur de la descente, visible depuis la barre mais à l'écart des écoutes et des équipiers. C'est là que Sailing Companion prend le relais : trace GPS, entrées du journal avec une photo et une note d'une ligne quand il se passe quelque chose de mémorable, et un GPX propre en fin de journée. L'équipage est content parce que le barreur a un chiffre à regarder ; le barreur est content parce que le journal s'écrit tout seul.
3. Le voilier de location — téléphone au-dessus du traceur intégré
Le cas intéressant, c'est le voilier de location. Beaucoup ont un traceur à la barre, mais tous ne fonctionnent pas, et même quand ils marchent, l'interface peut avoir une génération de retard sur ce dont vous avez l'habitude. Mon habitude, désormais, est de fixer l'iPhone à la console de barre, juste au-dessus du traceur intégré, et de faire tourner Sailing Companion en parallèle. Le traceur fait ce qu'il sait faire — il montre la carte, la profondeur et l'AIS. Sailing Companion fait ce en quoi j'ai confiance — la trace GPS, le journal, la veille au mouillage, les données du cockpit dans l'agencement que je connais déjà, et les routes de waypoints que je peux confier au co-skipper. Les deux écrans font des tâches différentes, sans se marcher dessus.
Il y a aussi un avantage discret mais réel à faire tourner l'app en location : ma trace est enregistrée sur mon appareil, dans le format d'export que je maîtrise, quoi qu'il arrive au bateau. À la fin de la location, la sortie repart avec moi. Rien que pour ça, ça vaut le petit effort de fixer le téléphone.
L'alarme de mouillage est le vrai atout en location
Et puis il y a l'alarme de mouillage — qui, en location, est discrètement la fonction phare. Quand vous vous glissez dans une baie pour la nuit, le traceur et la plupart des instruments peuvent être coupés au tableau électrique. Le frigo reste froid, la bière reste fraîche, et la batterie de servitude tient bien plus longtemps. Le bateau dort, en somme. Votre veille au mouillage, elle, est bien réveillée — elle tourne discrètement sur l'iPhone fixé à la barre, surveille le GPS, prête à réveiller tout le cockpit si le cercle d'évitage est franchi.
Il y a un second avantage, un peu moins évident. Comme Sailing Companion est une simple app iOS, je peux la faire tourner en parallèle sur un second appareil — le plus souvent mon iPad, posé sur la table à cartes en bas. Les deux surveillent le même GPS, le même point de mouillage, le même rayon. Si l'un a un souci — batterie faible, un bug, n'importe quoi — l'autre est toujours au poste. Deux veilles au mouillage indépendantes, sur deux appareils indépendants, partageant la même définition de « toujours mouillé ». C'est le genre de redondance dont je ne me passerais pas sur une traversée un peu longue.
Une petite note pratique, parce qu'on me pose la question : la nuit, je garde toujours le téléphone et l'iPad branchés sur une batterie externe. La veille au mouillage, c'est du travail honnête pour une batterie — c'est en gros le GPS qui tourne tout le temps — et un téléphone à plat à 3 h du matin est le mode de défaillance le plus évitable de l'alarme de mouillage. Une batterie externe de 10 000 mAh et un câble court dans la cabine sont, en pratique, l'assurance la moins chère du bord.
Ce que l'app ne fait pas (encore)
Il est juste d'être honnête sur les limites. Sailing Companion n'affiche pas pour l'instant la profondeur d'eau — ni carte avec courbes de niveau, ni lecture en direct depuis un sondeur. Elle n'affiche pas non plus le vent — ni vent réel, ni vent apparent, ni graphique de bascule. Sur le dériveur et le quillard de jour, ça ne m'a jamais posé problème, parce que le vent est là, en pleine figure. En location, les instruments du bateau s'en chargent. L'app est donc honnête : c'est un journal de bord et un outil de trace, pas une centrale d'instruments complète. Si une future version lit le vent ou la profondeur depuis des capteurs externes, ce sera une histoire pour un autre jour.
Trois bateaux, trois supports, un iPhone, une app. Le fil conducteur est simple : le téléphone est toujours là où mon regard se pose déjà.
Le fond de tout ça
J'ai construit l'app avant tout pour ma façon de naviguer, c'est-à-dire sur une grande variété de bateaux, la plupart modestes, avec ce que le bateau a à bord. Si Sailing Companion fonctionne sur mon dériveur sans électronique et s'entend aussi avec un traceur de location, il fonctionnera probablement pour le bateau que vous naviguez. Et sinon, c'est exactement le genre de retour que je veux entendre.
Bon vent,
— Bernd
B
Bernd Bornhauser
Créateur de Sailing Companion